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Huit jours après avoir enterré sa mère, Camille assiste au mariage de son père avec sa tante. Mais derrière les sourires et les alliances, une vérité inattendue s’apprête à éclater.

On croit qu’il y a un fond au chagrin.
On pense que le pire, c’est le policier en uniforme sur le pas de la porte. Les mots « accident de voiture ». Le cri étranglé de son père.
On se trompe.
Le fond du gouffre, c’est voir son père, huit jours plus tard, en costume clair dans le jardin, prêt à épouser la sœur de votre mère.
Je m’appelle Camille. J’avais trente ans quand ma mère, Isabelle, est morte.
Les jours qui ont suivi ont été flous : des fleurs fanées, des plats apportés par des voisins, ma tante Sophie qui pleurait plus fort que tout le monde.
Trois jours après l’enterrement, elle affichait déjà une manucure impeccable.
Huit jours après la mort de ma mère, elle épousait mon père.
Le jardin des tulipes

La cérémonie a eu lieu dans notre jardin, là où ma mère plantait des tulipes chaque printemps.
J’ai vu Sophie demander qu’on les arrache.
« Ce sera plus joli sur les photos. »
Je portais encore du noir. Mon père souriait comme s’il venait de renaître.
Quand j’ai osé lui demander s’il ne trouvait pas cela précipité, il a répondu :
« Pas aujourd’hui, Camille. »
Ce n’était pas une question de délai.
C’était un choix.
Le murmure derrière la remise

Je me suis réfugiée derrière la remise, loin des coupes de champagne et des félicitations.
C’est là que Lucas, le fils de Sophie, m’a rejointe. Il avait dix-neuf ans, le visage pâle.
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