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Guerre en Ukraine : assiste-t-on à un tournant dans le soutien occidental apporté à Kiev

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De nouvelles aides s’avèrent cruciales face à l’avancée des forces russes

Ainsi, sans nouvelle aide américaine et si les pays européens décidaient de s’aligner sur l’Allemagne, les aides militaires et financières pourraient chuter de moitié, passant de 59 et 54 milliards d’euros si le niveau d’aides devait se maintenir, à 29 et 27 milliards d’euros. Le Kiel Institute précise toutefois que ces chiffres ne tiennent pas compte d’autres leviers de financement en discussion comme des contributions militaires «coordonnées par l’Otan» ou des «prêts» s’appuyant sur les actifs gelés russes

Des mécanismes qui, dans le fond, n’auraient qu’un rôle «palliatif», d’après Pietro Bomprezzi, membre du Centre de recherche en finance internationale et macroéconomie de l’Institut de Kiel. «Ces fonds ne remplaceraient pas pleinement l’aide bilatérale régulière dont l’Ukraine a besoin», estime-t-il

De nouvelles aides s’avèrent pourtant cruciales pour l’Ukraine, car les forces russes avancent peu à peu, malgré des pertes, dans la région de Donetsk. En l’absence de feu vert américain pour utiliser les armes occidentales pour frapper directement sur le sol russe, Kiev se contente de recourir de plus en plus à des drones issus de sa propre industrie.

15,7 milliards d’euros dépensés par la France pour l’Ukraine au total

Depuis deux ans, l’Ukraine bénéficie du soutien de plus d’une dizaine de pays, en premier lieu les pays européens et les Etats-Unis, mais aussi certains pays du G7 comme le Japon. Ce soutien passe par l’envoi d’argent, d’armes ou de matériel, ou la proposition de formation militaire. Chaque pays apporte une aide en fonction de ses capacités. Une étude régulièrement mise à jour de l’Institut de Kiel pour l’économie mondiale montre l’état des financements par pays

Au 30 août 2024, les aides bilatérales promises à l’Ukraine depuis le début de la guerre s’élèvent à 397 milliards d’euros, dont 153,8 milliards sur le plan militaire, selon les derniers chiffres de l’institut. Pour ce qui est de l’aide militaire seulement, l’UE et les États-Unis sont au coude-à-coude, autour de 66 milliards d’euros promis par chacun

Mais l’aide américaine est plus prompte à parvenir en Ukraine, puisque 87% des promesses des États-Unis ont déjà été allouées à des armes et équipements précis, contre seulement 66% des promesses de l’UE. Viennent ensuite l’Allemagne (15 milliards à titre bilatéral et 9,8 milliards via leur quote-part dans l’assistance de l’Union européenne) et le Royaume-Uni (14 milliards).

La France arrive ensuite dans la liste, critiquée à la fois à l’international pour son aide jugée trop modeste, et nationalement pour des dépenses que certains estiment disproportionnées vu l’état des comptes publics. Dans le détail, depuis le début du conflit, elle a dépensé pour soutenir l’Ukraine environ 4 milliards d’euros à titre bilatéral (3 milliards d’aides militaires, 600 millions d’aide humanitaire et 800 millions d’aide financière), et 8 milliards via l’UE

L’institut allemand ajoute à son décompte une estimation de ce que coûte d’accueillir des réfugiés ukrainiens sur le territoire français, en se basant sur les calculs de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). Selon ces modélisations, la France aurait dépensé 3,7 milliards d’euros au profit des réfugiés ukrainiens. Ainsi, en deux ans et demi, la France a dépensé 15,7 milliards d’euros pour l’Ukraine et les réfugiés ukrainiens, directement ou indirectement, pour un engagement de 26,04 milliards d’euros au total

 

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